Le Printemps du journalisme



Un film de Frédéric Gonseth
Documentaire TV

Avant-premières avec débats :
début novembre 2017 à Genève
janvier 2018 à Lausanne

Diffusion RTS février 2018



Synopsis


En janvier 2017, les journalistes Anna Lietti, Luc Debraine et Isabelle Falconnier participent à l’ultime séance de rédaction du magazine L’Hebdo.
Bien que cette disparition soit peu ressentie et peu commentée en Suisse alémanique, elle fait un gros effet en Suisse romande. Le public vient nombreux et fervent à la journée Portes ouvertes de L’Hebdo. Une manifestation se déroule sur le Pont Bessières au pied de la Cathédrale de Lausanne.
De quoi est mort L’Hebdo ? Cette disparition est-elle dûe uniquement à la baisse des lecteurs, des abonnés et de la publicité ? Les journalistes et l’éditeur Ringier n’ont pas la même histoire à raconter. La publicité et les annonces sont parties vers d’autres cieux, mais restent dans les poches des groupes d’éditeurs.

Les trois journalistes licenciés de L’Hebdo ne se retrouvent pas seuls. S’ils explorent chacun une voie propre pour continuer à diffuser en journalistes indépendants les chroniques qui les ont rendus célèbres en Suisse romande, ils se retrouvent pour participer ensemble au projet de site journalistique numérique qui doit reprendre l’ambition d’une presse « indocile ».

Nous suivons chacune des étapes que traversent les trois protagonistes, fortement engagés dans l’aventure de « Bon pour la tête ».
L’enthousiasme pour ce successeur de L’Hebdo est grand, le public semble suivre, mais les obstacles ne sont pas négligeables. Les journalistes doivent se muer en éditeurs, apprendre à cogérer une rédaction collective où se côtoyent anciens et nouveaux, sans chef ni financier fixant un cap, et trouver la manière de faire coexister sur le site des démarches classiques et un apport novateur, notamment audiovisuel.

Pendant ce temps, les jeunes dans le métro ont les yeux figés sur leurs écrans de smartphone. Les jeunes préfèrent s’alimenter à des sources « horizontales » et ils ne voient pas l’intérêt de payer pour des informations qui circulent selon eux « librement » et « gratuitement » sur le net, ce qu’encouragent les sites gratuits ou les « apps » des médias traditionnels. Nous suivons trois groupes de jeunes dans leur manière de s’informer. L’écart se creuse entre ces deux mondes : les intellectuels d’un côté, les jeunes de la génération « no media » de l’autre.

Nous proposons à une centaine de jeunes au total, dans les centres de quartier et dans les écoles d’Yverdon, Bercher, Pully, de subir une épreuve : un test qui permet d’évaluer le degré d’immunité aux « Fake news ». Comme aux Etats-Unis, les résultats du test montrent que trois quarts d’entre eux ne se posent pas la question de la fiabilité des informations. Un peu effarés devant leur faible degré d’immunité, certains semblent redécouvrir la fonction essentielle du journalisme pour la démocratie.

Nous nous tournons alors vers ceux qui sont placés stratégiquement au milieu entre la génération « no media » et les défenseurs du journalisme : les enseignants. Nous documentons les efforts que quelques-uns d’entre eux font pour sensibiliser les élèves, notamment lors de la semaine des médias qui a lieu chaque année au mois de mars, et à laquelle participent une classe sur dix en Suisse romande. C’est encore trop peu, il reste beaucoup à faire, mais pour cela il faut une volonté politique. Une volonté pas toujours vaillante, et qui est interpellée également pour penser un soutien aux nouveaux et aux anciens médias en difficultés. Les trois journalistes Anna, Isabelle et Luc, sont tous motivés par la recherche d’une nouvelle façon de financer le journalisme et les médias, en espérant impliquer plus la collectivité à l’échelle romande et nationale.

Le point final est posé fin juin. « Bon pour la tête » vient d’être lancé avec succès, c’est la fête. Anna est déjà en train de réaliser sa troisième « capsule vidéo », une chronique animée de quelques minutes, très novatrice, Luc est fortement impliqué dans la gestion et la rédaction collective du nouveau titre, et Isabelle y contribue par sa chronique, qui a trouvé également refuge dans un journal du dimanche.

Un documentaire de télévision de 52 minutes,
réalisé et produit par Frédéric Gonseth
(« Cité animale », « Mission en Enfer », « Citadelle Humanitaire », « Botiza »,« La Bataille du Gripen », « Yvette Z’Graggen, une Femme au volant de sa vie »),
coproduit dans le cadre du Pacte de l’audiovisuel par la RTS Radio Télévision Suisse, l’Unité de Films documentaires d’Irène Challand et Gaspard Lamunière, avec la participation de Cinéforom (fondation romande pour le cinéma) et le soutien de la Loterie Romande.

Avant-premièpres publiques : novembre 2017.
diffusé par la RTS Radio Télévision Suisse à la fin de 2017.

©Frédéric Gonseth SSA/Suissimage 6 juillet 2017